Atelier du Cuir- Fabricant vêtement cuir
Le cuir
© 2010

 

 

Le cuir est une matière extraordinaire et noble qui combine un toucher, une souplesse et un parfum unique. C’est une matière vivante que l’on doit entretenir avec soin pour pouvoir profiter de sa patine et de sa souplesse avec le temps.

 

Mon travail est le dernier maillon des étapes du travail sur le cuir.  Une fois les peaux triées par couleur et mon patronnage élaboré sur du papier ou du carton à partir d' un dessin et des mesures prises. Je peux commencer la coupe :

                       

Les peaux sont découpées à la main à l’ aide d’un tranchet, sur un plaque en zinc, selon les particularités de l’ animal et de la finition de la peaux : sens, grain, défauts éventuels (blessures, cicatrices, flans de l' animal ...etc.) . le rendement optimum est recherché à la surface de la peaux.

Une fois ,le vêtement découpé, il faut tailler la doublure et passer à l’ étape de la préparation et du montage.

 

Une machine plate triple entraînement est nécessaire pour piquer les épaisseurs du cuir.

 

                                       

J' ai essayé de vous regrouper quelques étapes sur la même photo. Le cuir est collé aux coutures, entoilé à certains endroits, repassé sur l’ envers, piqué fourreau, retourné et tapé à l’aide d’un marteau comme par exemple pour le col. Ces différentes étapes dépendent du modèle.

 

Ensuite, il reste les opérations de finission : poser lese pressions, faire les boutonnières machine et coudre les boutons … etc.

 

 

Mais revenons au tout départ ...

 

 

 

 

DE LA PEAU AU CUIR

 

Depuis les origines les plus lointaines de l' homme, celui-ci a cherché à se protéger des intempéries et à couvrir son corps. Vers 100 000 ans avant J.C., il chasse pour se nourrir, se vêtir, se chausser et construire son habitat.

 

 

 

La transformation de la peau en cuir passe par de nombreuses étapes et demande plusieurs connaissances en chimie, physique, bactériologie ...etc.

Sitôt l' animal dépecé, sa dépouille est envahie par de nombreuses bactéries qui la putrifie. Pour la conserver en bon état jusqu' au tannage, on emploie différents procédés, suivant le délai, la nature des peaux  et les ressources du pays d' abattage : le séchage, le salage, le saumurage ( utilisation de la saumure) ou le pickelage (solution d' acide sulfurique et sel marin ).

Ensuite vient le tannage, opération qui consiste à séparer la laine du cuir et d' enlever les tissus sous-cutanés afin qu' il ne reste que le derme de la peau. Les peaux sont enfin traitées au chrome (tannage minéral) ou au tannage végétal dans des foulons.La peau devient alors imputrescible et donc on parle maintenant de cuir.

C'est au tour du mégissier de pratiquer différentes opérations mécaniques, chimique, enfin de séchage et de mesurage.

 

Ce qui nous donne toute une variété de cuir dont l' aspect dépend de l'origine de l' animal mais aussi des différents traitement que la peau a subis.

 

 

Différents cuir utilisés

 

 

Voici les peaux que j' utilise pour la fabrication de mes vêtements.

  • Agneau waxy :  C’est un cuir pleine fleur qui de très bonne qualité puisque la fleur est restée intacte après l’ application d'une couche de protection colorante. Son aspect est légèrement brillant. C'est un cuir doux au toucher, très souple et facile d'entretien.

 

  • Agneau plongé :. Le mégissier choisit les plus belles peaux pour les plonger dans des bains d’ aniline* qui leur donnent cet aspect soyeux; Ces peaux très délicates sont sensibles aux taches mais bien entretenues, elles vieillissent à merveille et donnent une superbe patine.

 

  • Nubuck : Aspect velouté très fin. Le nubuck d’ ovin est un cuir qui a été poncé sur la fleur pour lui donner un aspect de surface velouté. 

 

  • Chèvre destroy : C’est un cuir de chèvre ayant subi le même traitement que le nubuck. C’est un cuir d’un aspect velouté, authentique et résistant.

 

  • Cuir de velours : Expression consacrée à un cuir pleine fleur ou au nubuck ayant subi un finissage sur l’ envers ( côté chair) pour lui donner l’ aspect du velours. On appelle ce cuir retourné « daim » en langage courant, le daim véritable étant très rare.

 

  • Vachette : Cuir très résistant , très épais et de très bonne qualité dont on se sert pour faire des blousons moto.

 

  • Peaux lainées ou double face : peaux travaillées des deux côtés. La laine doit être d’excellente qualité et le finissage est travaillé côté chair. Elles sont  très chaude et très légère. Ce cuir est assez coûteux.

 

  • Cerf : ce cuir est très résistant et très souple à la fois. Il se patine merveilleusement bien en vieillissant. Etant très rare il est lui aussi assez coûteux.

 

* Aniline : C’est une substance chimique qui a servi à l’ élaboration des premiers colorants basiques de synthèses. Bien que plus utilisée aujourd’hui à cause de sa toxicité, le terme d’ aniline reste associé à la notion de transparence. Seuls les plus beaux cuirs pourront recevoir une finition aniline qui sera en plus de faible épaisseur afin de mieux conserver l’ aspect et le toucher naturel du cuir.